[Ghost in the City] Les Etats-Unis construisent une ville… sans aucun habitant !

Le plan de la ville fantôme
Le plan de la ville fantôme

Une ville nouvelle va être érigée en plein cœur du Nouveau Mexique, aux Etats-Unis. Le projet CITE, qui consiste à créer une ville fantôme censée accueillir 35 000 habitants, vivra au rythme des nouvelles technologies… mais sans que personne n’y habite.

Le projet estimé à 1 milliard de dollars sera développé dans le comté de Lea, près de Hobbs, une région riche en gaz naturel et en pétrole, ont indiqué des responsables cités par le Washington Post. La ville aidera les chercheurs à tester de nouveaux systèmes de transport intelligents ainsi que la prochaine génération de réseaux sans fil, adaptées aux machines à laver automatiques et aux toilettes auto-alimentées.

Sam Cobb, maire de Hobbs a déclaré que ce centre de recherche sous forme de ville fantôme représentera un élément important dans la croissance économique des villes voisines, très touchées par la crise pétrolière des années 1980. Pour l’anecdote, il est toujours possible de voir des autocollants invitant les derniers habitants de la ville à éteindre les lumières avant de vider les lieux, raconte le quotidien américain. Ce projet « crée donc de nombreuses opportunités et nous met en avant de la scène internationale», se réjouit Cobb, cité par l’Associated Press.

39 km² de haute technologie

C’est Pegasus Holdings et sa filiale du Nouveau-Mexique, CITE Development, qui sont en charge de la construction de la ville. Le projet, nommé CITE, est annoncé comme étant le premier en son genre, au vu de son envergure. En effet, c’est la première fois qu’un laboratoire sous forme de ville fantôme s’étendra sur une surface d’environ 39 km². Bob Brumley, Le directeur de la gestion des exploitations Pegasus, Bob Brumley dévoile au journal que le plan de la ville sera calqué sur celui de la ville véritable de Rock Hill, en Caroline du Sud.

Pensée pour accueillir 35 000 habitants, la « Ghost City » disposera des infrastructures nécessaires comme les autoroutes, les maisons et les bâtiments commerciaux. Cependant, ces constructions resteront vides puisque personne n’y vivra, bien que toutes les commodités comme les appareils d’électroménager et de plomberie, seront disponibles dans les maisons.

Des tests sur la voiture volante

Le but de cette expérience est de permettre aux chercheurs de tester de nouvelles technologies sur l’infrastructure existante, sans avoir à interférer dans la vie quotidienne. Par exemple, lorsque des chercheurs testeront des technologies intelligentes sur des façades de maisons anciennes, d’autres pourront investir les rues afin de tester des voitures volantes. « La seule chose que nous ne ferons pas, c’est les essais sur des explosifs », a tenu à rassurer Brumley. Non loin de la frontière avec le Texas, Hobbs a connu une faible croissance au cours des dernières années. Les responsables locaux ont beaucoup travaillé pour faire de la ville un hub économique pour les entreprises, en marge des éventuelles motivations qui peuvent être liées aux ressources énergétiques.

Le projet CITE, qui arrive donc à point nommé pour la ville, devrait créer 350 emplois directs et 3 500 emplois indirects. Pour le moment, la ville est quelque peu isolée du monde. Seuls deux vols directs quotidiens sont assurés par l’aéroport de Hobbs. Mais celui-ci tente d’obtenir un service quotidien vers Albuquerque et Denver pour désenclaver la future ville fantôme et, pourquoi pas, toute la région de Lea.

(lavieimmo.com)

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[Nuisible jusqu’à la dernière heure] Fichier géant : le cadeau de départ de Claude Guéant

Peu avant de faire ses cartons, le ministre de l’Intérieur a fait publier en urgence deux décrets majeurs sur le fichage des individus en France.

Claude Guéant veut laisser son empreinte avant de quitter la place Beauvau. Afin que la très controversée loi sur la sécurité Loppsi 2, voulue par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, ne reste pas au fond des tiroirs – comme beaucoup de lois votées -, le ministre de l’Intérieur a fait paraître au Journal officiel du 8 mai le décret d’application d’une des mesures phares de la Loppsi 2, le « fichier d’analyse sérielle ». Derrière cette dénomination barbare se cache une véritable arme atomique contre la vie privée, puisqu’il s’agit ni plus ni moins d’exploiter ensemble toutes les données dont disposent l’État et ses services sur un individu. Cela inclut les données qui peuvent être réclamées à des entreprises, par exemple l’ensemble de l’activité sur Facebook, les communications par email, les sites web consultés depuis un abonnement à Internet, etc.

Ce n’est pas le seul cadeau de départ de Claude Guéant. La Loppsi 2 prévoyait déjà de fusionner les fichiers de police (Stic) et de gendarmerie (Judex), et de conserver des données jusqu’à quarante ans, grâce à un décret lui aussi paru très opportunément au JO, dimanche 6 mai, jour de l’élection de François Hollande. La loi permet donc désormais aux policiers et aux gendarmes des recoupements beaucoup plus précis, y compris avec des informations biométriques. Les abus dans les accès aux fichiers de police étant nombreux, y compris au profit d’officines extérieures à l’État, les défenseurs de la vie privée ont exprimé leurs plus vives inquiétudes.

Consensus à droite et à gauche

Le fichier d’analyse sérielle peut exploiter des photos permettant l’identification des individus, via l’empreinte de leur visage (distance entre les yeux, courbes, positionnement du nez, etc.). Couplé au réseau national de caméras de vidéosurveillance (ou de vidéoprotection, leur appellation officielle), l’État dispose d’une arme redoutable contre les criminels, mais aussi contre l’ensemble de la population. Et c’est bien ce que dénoncent aussi les défenseurs de la vie privée pour qui, une nouvelle fois, au nom de la lutte contre le terrorisme, l’exécutif réduit drastiquement l’application de certaines libertés fondamentales.

Via ce nouvel outil, officiellement à la disposition des forces de police sous certaines conditions (de gravité de l’affaire, notamment), l’État se dote d’un arsenal de surveillance inquiétant. D’autant plus que, si certains décrets et lois devraient disparaître avec l’arrivée d’un gouvernement de gauche, les questions de sécurité ont toujours fait en France l’objet d’un consensus surprenant. Le plan Vigipirate, qui prévoit un État d’exception (étape intermédiaire avant l’État d’urgence et l’État de siège) et donc des dérogations à la Constitution, est en vigueur depuis le milieu des années 1990. Des gouvernements de droite et de gauche se sont depuis succédé, sans jamais le remettre en question. Il est donc peu probable qu’un changement de gouvernement remette en cause les « acquis » des lois sécuritaires face aux libertés fondamentales. On est bien loin de l’Allemagne, où le souvenir de la Gestapo puis de la Stasi a rendu les institutions allergiques à toute forme de fichage massif des citoyens.

(lepoint.fr)

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[« J’ai pas de face »] Souriez, vous êtes identifiés

Des logiciels développés aux Etats-Unis rendent la reconnaissance faciale accessible à tous.

VENDREDI SOIR À AUSTIN, capitale du Texas. Des dizaines de bars musicaux du centre-ville se préparent à faire la fête toute la nuit. Sur les trottoirs, les rabatteurs crient et gesticulent pour attirer les clients, qui se laissent convaincre, un peu au hasard. A 3 kilomètres de là, dans un restaurant chinois, une bande de jeunes hommes, des touristes venus de la Côte est, ont recours à une méthode plus scientifique pour décider où ils passeront la soirée. Avec leurs smartphones, ils se connectent sur l’application SceneTap, qui leur fournit des informations en temps réel sur vingt-cinq bars de la ville. Ainsi, pour The Library : « Remplissage : 20 %. Ambiance : calme. Age moyen des clients : 29 ans. Hommes : 40 %, femmes : 60 %. » Pas trop de monde, s’ils se dépêchent, ils trouveront une table libre. Pour le bar voisin, le 512, SceneTap affiche un message différent : « Remplissage : 50 %. Ambiance : animée. Age moyen : 27 ans. Hommes : 67 %, femmes : 33 %. Ce soir, la bière est à 1 dollar. » Le choix est délicat. The Library a un avantage évident : il y a plus de femmes que d’hommes, pour le moment. Au 512, ce n’est pas le cas, mais la fête a déjà commencé. Au sein du groupe de touristes, c’est la scission, chacun choisit son bar en fonction de ses priorités du moment.

Malgré son nom, The Library (« la bibliothèque ») est un lieu bruyant, où il n’y a rien à lire, sauf la liste des cocktails. L’équipe de SceneTap vient de terminer l’installation de son système : à première vue, rien de spectaculaire, deux caméras de surveillance reliées à un ordinateur posé dans un coin. La première, accrochée au-dessus de la porte, compte les entrées et les sorties, pour calculer le taux de remplissage de la salle. La seconde filme les clients, puis transmet la vidéo à l’ordinateur, qui se charge de repérer chaque visage humain, et de « l’extraire ». Ces images sont aussitôt envoyées vers un serveur couplé à une base de données contenant près de 500 000 visages – des volontaires anonymes, hommes et femmes de tous âges et de toutes races. Ce catalogue a été créé par la société Intel, numéro un mondial du microprocesseur, qui la revend à présent aux start-up comme SceneTap. Le serveur informatique compare les visages provenant du bar à ceux de la base de données et détermine leur sexe et leur âge. Puis il calcule les pourcentages et affiche les résultats sur l’application.

Le fondateur de SceneTap, Marc Doering, affirme que ses logiciels sont quasi infaillibles : « Nous étudions la texture de la peau ainsi que la forme et la taille de chaque partie de la tête. Par exemple, le nez et les oreilles continuent à grandir tout au long de la vie, pour nous c’est très utile. Pour l’âge, la marge d’erreur est de moins de trois ans dans 80 % des cas. Pour le sexe, nous sommes fiables à 95 % quand la lumière est bonne, et 85 % dans la pénombre. Cela nous suffit, d’autant que nos algorithmes s’améliorent eux-mêmes sans cesse… »

SceneTap, qui possède déjà 40 000 utilisateurs à Chicago et 10 000 à Austin, va s’installer dans une quinzaine d’autres villes américaines : « Au début, nous avons démarché les bars, mais aujourd’hui, ce sont eux qui nous contactent, ils veulent tous être sur SceneTap. Pour eux, c’est surtout un outil de marketing. Nous leur livrons les données sous forme de tableaux et de graphiques, ça les aide à mieux connaître leur clientèle, à cibler leurs offres commerciales. Ils peuvent aussi prévoir la charge de travail pour chaque tranche horaire, et embaucher ou débaucher des employés en conséquence. » Le gérant de The Library, Stoney Gabel, se dit très satisfait : « Chaque soir, depuis des années, je note sur un cahier les caractéristiques de ma clientèle : un travail ingrat et imparfait. Avec SceneTap, tout est automatique, et très précis. Je peux aussi avoir une idée de ce qui se passe dans mon bar quand je suis chez moi. » Il rêve pourtant déjà d’un outil plus puissant : « J’aimerais que les caméras me dévoilent l’identité de mes clients, qu’elles mettent un nom sur chaque visage. Je pourrais repérer les habitués, leur envoyer des messages promotionnels sur Internet et les contacter sur Facebook. »

LE RÊVE DE STONEY GABEL pourrait bientôt se réaliser. Les technologies d’identification automatique, longtemps confinées dans les laboratoires militaires et policiers, sont désormais à la portée des start-up. Par ailleurs, du côté du public, la donne a changé. Hier encore, ce secteur était freiné par l’inexistence d’un répertoire photographique général de la population librement accessible, de bonne qualité et à jour. Or ce manque a été comblé par Facebook, qui compte déjà près de 900 millions d’utilisateurs, tous occupés à mettre en ligne des photos d’eux et de leur entourage, au rythme de 250 millions par jour. La plupart sont géolocalisées, datées, et surtout « taguées » : on connaît le nom de ceux qui y figurent.

Dès lors, les possibilités deviennent infinies. Une start-up israélienne, Face.com, a mis au point un logiciel capable de repérer un visage sur une photo, et de l’identifier en le comparant à d’autres images, déjà taguées. En partenariat avec Facebook, elle propose deux services : Photo Finder, qui permet de retrouver les photos de vous et de vos amis publiées par des tiers, et Photo Tagger, qui s’empare de vos albums, trie, tague automatiquement les visages connus et vous aide à identifier les autres. Face.com a aussi lancé une application indépendante : Klik. Cette fois, l’identification a lieu avant même que la photo n’existe : quand vous regardez quelqu’un sur l’écran de votre smartphone, son nom s’inscrit, en lettres translucides, au-dessus de sa tête. Les logiciels de Face.com fonctionnent même pour des visages en arrière-plan : fini l’incognito, impossible de se fondre dans la foule.

Une start-up israélienne, Face.com, a mis au point un logiciel capable de repérer un visage sur une photo, et de l'identifier en le comparant à d'autres images, déjà taguées.

FACE À L’ENGOUEMENT DES AMÉRICAINS pour ces nouveaux jouets, des associations de défense des libertés individuelles lancent des mises en garde contre un risque de fichage généralisé, échappant à tout contrôle. Ainsi, Harlo Holmes, responsable de l’ONG new-yorkaise Guardian Project, rappelle que lors des émeutes de l’été 2011 à Londres, des milices de quartier ont pris des photos d’émeutiers dans les rues, puis ont essayé de les retrouver sur les réseaux sociaux et de les identifier à l’aide de logiciels comme Face.com, dans le but de les livrer à la police : « Cette fois-là, ça n’a pas marché, explique Mme Holmes, ces milices n’étaient peut-être pas assez expertes. Mais la prochaine fois, qui sait ? »Par ailleurs, une équipe de recherche de l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh (Pennsylvanie) a mené une expérience visant à montrer la dangerosité de ces nouveaux logiciels. Les chercheurs ont photographié au hasard des étudiants anonymes sur le campus, puis ils ont réussi à identifier près d’un tiers d’entre eux grâce à un système de reconnaissance faciale, en comparant leurs clichés avec une masse de photos taguées, publiées sur Facebook et indexées par Google – donc en libre accès.

Dans leur rapport final, ils concluent : « Désormais, on peut partir d’un visage anonyme pris dans la rue et aboutir à une masse d’informations sensibles sur cette personne. »Quand il parle de ses inventions, Gil Hirsch, le patron de Face.com, minimise : « Vous allez retrouver les vieilles photos perdues de vous et de vos amis, et éviter que les prochaines se perdent à leur tour, voilà tout. » Il rappelle aussi que ses applications sont bridées : sous la pression des pouvoirs publics et des associations de défense des libertés, Facebook et Face.com vous permettent de vous « détaguer » et limitent l’identification automatique à vos « amis ». Cela dit, une grande partie des utilisateurs de Facebook, surtout les jeunes, ont accepté des centaines, voire des milliers d' »amis » qu’ils n’ont jamais rencontrés dans la vie, et dont ils ignorent tout.

Face.com a également ouvert sa plate-forme à des développeurs indépendants de tous les pays, qui créent des masses d’applications inédites. Ainsi, la société Fareclock, située à Baltimore (Maryland), a mis au point une « pointeuse faciale », pour les usines et les chantiers. Au lieu d’insérer une carte de pointage dans une machine, les employés présentent leur visage devant une tablette, qui note leur arrivée et leur départ. On peut aussi pointer en utilisant son smartphone personnel, dans une zone délimitée à l’avance par GPS. Entre autres avantages, ce système élimine les fraudes : impossible de pointer à la place d’un collègue, pour le dépanner. Fareclock a déjà un concurrent, Faceclock, installée en Floride.

Pour le moment, la reconnaissance faciale est accessible uniquement par l’intermédiaire d’un serveur, mais elle sera bientôt disponible sur les portables. Social Camera, une application mise au point par la société Viewdle, effectue l’identification directement sur le smartphone, grâce à une « empreinte faciale numérique ». Le business de la reconnaissance faciale est loin d’avoir dévoilé toutes ses possibilités.

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[Un de moin] La mort de Roland Moreno, génial inventeur de la carte à puce

Roland Moreno, l’inventeur de la carte à puce est mort dimanche à Paris. Il était âgé de 66 ans, génial innovateur et piètre gestionnaire, père d’une découverte qui a changé nos vies.

Lunettes carrées et moue boudeuse. Roland Moreno a 23 ans et vit dans un petit appartement à la déco foutraque ou s’exposent déjà plusieurs de ses inventions. Nous sommes en 1968, six ans avant sa création la plus célèbre.

« J’ai fait un peu de tout, comme tout le monde. J’ai balayé la rue, j’ai été un peu charcutier aussi. Et puis, j’ai fait du maquettisme publicitaire, j’ai distribué des prospectus.

Et puis, l’année dernière j’ai voulu être journaliste, parce que ça me plaisait et je suis entré dans un journal criminel. On m’a mis à la porte, je me suis retrouvé chômeur. Alors, comme j’aime ne rien faire, ça m’a plu… »

Difficile d’imaginer que le coursier de L’Express à l’air blasé sera l’inventeur d’un outil révolutionnaire comme la carte à puce. Mais ce touche-à-tout autodidacte a déjà conçu une « machine à tirer à pile ou face » et un orgue sans touche (« je l’ai fait parce qu’un copain m’avait dit : je veux que tu fasses un truc qui, pour une fois, serve à quelque chose »). Et il avoue un penchant pour l’électronique :

« Je suis arriviste. […] En ce moment c’est l’électronique qui a la faveur publique, je donne dans l’électronique. »

C’est en 1974 qu’il dépose le brevet de la carte à puce et créer sa société : Innovatron.

En 2007, il affirmait dans une interview au Point :

« La carte a un nombre d’applications limité. J’en vois cinq : la banque, le téléphone, les parkings, les décodeurs de télévision et la carte de santé (type Vitale). Au-delà, je suis un peu sceptique. »

Parmi les utilisations de la carte à puce, la carté bancaire donc et celle téléphonique, mais aussi le Piaf, parcmètre individuel à fente, lancé à la fin des années 80. Roland Moreno en présente un modèle dans une édition de France 3 Bretagne en 1988.

Mais le patron d’Innovatron a du mal à prendre le tournant des années 90 et à s’adapter à un marché en pleine expansion. Trente de ses brevets tombent dans le domaine public. Le pôle industriel de sa société compte 220 millions de pertes cumulées et il admet alors au magazine L’Expansion :

« C’est vrai, notre diversification dans l’industrie a été catastrophique. On a fait un boulot qui n’était pas le nôtre. »

Innovatron perd les bénéfices sur la carte à puce, mais l’entreprise survit tout de même, notamment grâce aux droits sur la carte « sans contact », autre invention de Roland Moreno, utilisée notamment par la RATP (mobigo)  et la Ville de Paris pour le Vélib.

Gestionnaire médiocre mais inventeur génial et infatigable, Roland Moreno était aussi l’auteur de « Théorie du bordel ambiant », un livre publié en 1990. Celui qui, par sa création, a tellement fait progresser l’univers de la communication y écrivait pourtant :

« J’ai décidé que tant qu’on aurait pas inventé la télépathie, il faudrait renoncer à communiquer. »

(rue89.com)

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[Jouon avec la vie] Les XNA, alternatives artificielles à l’ADN

La vie telle que nous la connaissons se perpétue grâce à l’information codée dans deux molécules, l’ADN et l’ARN – respectivement l’acide désoxyribonucléique et l’acide ribonucléique. Ces dernières décennies, les biologistes de synthèse se sont efforcés de déterminer si d’autres molécules, artificielles, ne seraient pas aptes elles aussi à porter et transmettre l’information génétique.

Dans la revue Science du 20 avril, une équipe internationale conduite par Philipp Holliger (Laboratoire de biologie moléculaire de Cambridge) présente six homologues artificiels de l’ADN, susceptibles d’être assemblés en séquences génétiques grâce à des enzymes issues d’un long processus de sélection par mutations. Ces polymères sont rassemblés sous l’appellation XNA (pour acides xéno-nucléiques – du terme grec désignant l' »étranger »).

Comme l’ADN, ils sont constitués de triphosphate, d’un « sucre » et d’une base parmi quatre possibles (les fameuses ATCG). Chaque XNA peut s’assembler en longues séquences supportant l’information génétique. Ce qui les différencie, c’est l’élément sucre – il ne s’agit ni du ribose ni du désoxyribose de l’ADN et de l’ARN.

La prouesse de Philipp Holliger et ses collègues n’était pas tant de synthétiser ces XNA que d’établir une stratégie pour permettre leur réplication et leur éventuelle évolution, à partir d’un modèle d’ADN, grâce à des polymérases. « Ce sont ces enzymes qui font le travail d’assemblage des XNA en chaînes de polymères », expliquent Valérie Pezo et Cécile Gasse, de l’Institut de biologie synthétique et systémique (ISSB) du génopole d’Evry, qui travaillent aussi à la mise au point de XNA. Ces polymérases sont issues d’archéobactéries, organismes extrêmes vivant dans des milieux très chauds. « Elles ont été obtenues in vitro à la suite de mutations successives – jusqu’à quatorze – pour les doter d’architectures particulières adaptées aux XNA », commentent les deux chercheuses.

L’article de Science explique en outre que, une fois mises en contact avec des cellules vivantes, des séquences de XNA conçues « à façon » se sont montrées capables de se fixer spécifiquement sur des cibles à leur surface. « C’est l’un des enjeux principaux de ces recherches : mettre au point des molécules thérapeutiques capables de cibler telle ou telle molécule, pour inhiber une réaction, par exemple, explique Cécile Gasse. L’avantage des XNA est que, contrairement à l’ARN ou l’ADN, ils seraient résistants à des systèmes de dégradation cellulaire. » L’autre intérêt, c’est que comme les polymérases qui permettent leur assemblage ne sont pas présentes dans la nature, elles ne pourraient se reproduire au-delà de la dose prescrite.

C’est là aussi un des objectifs de long terme de la biologie de synthèse, précise Jean-Loup Faulon, directeur de l’ISSB : « Reconstruire une vie « orthogonale » à celle que nous connaissons. Constituée d’éléments artificiels, elle serait d’emblée conçue pour mourir en milieu naturel, incapable d’y trouver les ingrédients nécessaires à sa réplication. » Ce souci tient aux risques liés aux organismes génétiquement modifiés actuels : ils restent capables de contaminer la biosphère.

Plusieurs voies permettraient d’assurer une coupure radicale avec des formes de vie artificielles. Outre la recherche de sucres et de polymérases alternatifs des XNA, on peut chercher à remplacer les bases ATCG. En juillet 2011, des chercheurs français, belge et allemand avaient ainsi annoncé être parvenus à substituer dans l’ADN de plusieurs lignées de bactéries Escherichia coli une molécule artificielle, le chloro-uracile, à la base thymine (le T des bases ATCG) qui en constitue pourtant une des briques fondamentales.

La nouvelle percée décrite dans Science intéressera aussi les spécialistes des origines de la vie. Parmi ces six XNA figure le TNA (ATN en français), dont le sucre est le thréose, constitué de quatre atomes de carbone. Plus simple que le ribose, il fait figure de candidat comme moteur de l’apparition de la vie sur Terre – alors que l’ATN n’a laissé aucune trace…

(lemonde.fr)

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[Weyland Industries] L’espace, nouvel eldorado ?

Une société vient d’être créée dans le but d’exploiter les métaux précieux dont regorgent certains astéroïdes.

De riches investisseurs visionnaires, dont le P-DG de Google Larry Page et le cinéaste James Cameron, ont dévoilé mardi une société pour exploiter les métaux précieux dont regorgent des astéroïdes croisant près de la Terre, faisant de l’espace le nouvel eldorado. « Un grand nombre de ces métaux et minéraux rares sur notre planète se trouvent en quantités quasi illimitées dans l’espace », explique le Dr Peter Diamandis, co-fondateur et co-président de cette entreprise baptisée Planetary Resources Inc.

« Alors que l’accès à ces matériaux s’accroît, non seulement le coût de nombreux équipements, de la microélectronique aux batteries, va baisser, mais des applications nouvelles et importantes vont émerger », prédit-il. L’extraction des richesses dans ces corps célestes devenus plus accessibles avec les technologies actuelles aura selon ces entrepreneurs de multiples retombées bénéfiques pour l’humanité et engendrera un jour une activité économique pesant des dizaines de milliards de dollars annuellement. Ces activités permettront d’exploiter les fortes concentrations de minéraux rares et des métaux dont notamment le platine qui se trouvent dans les astéroïdes et d’en assurer une source durable à la population grandissante du globe.

Mieux que l’or… le platine

Un simple astéroïde de 500 mètres de long renferme une quantité de platine équivalente à la totalité de ce métal extrait dans l’histoire de l’humanité, selon les créateurs de Planetary Resources. Le platine, qui vaut actuellement 1 500 dollars l’once (28,3 grammes), est très utilisé pour des bijoux, dans les composants électroniques et les pots d’échappement catalytiques. L’analyse des météorites tombées sur la Terre révèle qu’elles peuvent avoir des concentrations en platine vingt fois supérieures à celles de nos mines.

De plus, les astéroïdes proches de la Terre, qui contiennent beaucoup d’eau sous forme de glace, serviront « de sorte d’oasis » pour les expéditions d’exploration spatiale lointaines, fournissant les ressources nécessaires en eau et en carburant. Ces « réservoirs d’eau » vont bouleverser l’exploration spatiale et rendre les voyages dans l’espace beaucoup plus économiques, juge Éric Anderson, co-fondateur et co-président de Planetary Resources. « L’eau est sans doute la ressource la plus essentielle dans l’espace et accéder à des astéroïdes qui en contiennent beaucoup va énormément faciliter l’exploration du système solaire », selon lui. « Outre la fonction essentielle de l’eau pour la vie, on peut aussi séparer l’oxygène et l’hydrogène qui la forment, la première permet de respirer et la seconde sert de carburant aux moteurs des vaisseaux spatiaux », précise Éric Anderson.

25 ingénieurs et un ancien de la Nasa

Sur les quelque 9 000 astéroïdes recensés par la Nasa dont l’orbite se situe dans le voisinage terrestre, plus de 1 500 sont d’un accès aussi facile que la Lune, expliquent ces investisseurs. La firme a déjà mis au point des télescopes spatiaux qui seront placés d’ici deux ans sur orbite terrestre basse pour repérer les astéroïdes les plus prometteurs. Ensuite, la société prévoit de lancer de petits engins spatiaux (Arkyd-300) pour aller les explorer. Les activités minières proprement dites débuteront sur les premiers astéroïdes riches en eau et en platine. Planetary Resources compte 25 ingénieurs dirigés par Christopher Lewicki, le directeur général, un ancien responsable des missions martiennes à la Nasa. La firme a déjà des contrats pour développer des technologies de communication laser dont elle aura besoin pour trouver les astéroïdes les plus prometteurs.

L’idée d’exploiter les richesses des astéroïdes n’est pas nouvelle et remonte au moins à 1926 avec un projet théorique du scientifique russe, Konstantin Tsiolkovsky. La Nasa prévoit aussi une mission habitée vers un astéroïde à l’horizon des années 2020.

(lepoint.fr)

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[Livre] Oublier Fukushima

La catastrophe nucléaire au Japon serait résolue. Catastropher, liquider, évacuer, réhabiliter, banaliser : autant d’épisodes d’un feuilleton destiné à nous faire oublier Fukushima. Autant de chapitres de ce livre pour défaire les mensonges des États nucléarisés. « Je ne veux plus y retourner. Là-bas, la vie a été effacée », explique une grand-mère japonaise qui a fui la zone contaminée. La catastrophe dans laquelle se débattent les Japonais n’est pas seulement un aperçu de ce qui nous attend partout ailleurs, c’est aussi le miroir grossissant de notre condition présente, celle de prisonniers d’un monde clos. Chaque foutue aspiration à la liberté se cogne aux murs des installations nucléaires, se perd dans le temps infini de la contamination. Quelle existence reste-t-il à mener avec un dosimètre autour du cou ?

De Tchernobyl à Fukushima, du Japon à la France, des textes, des récits, des documents. Pour contribuer à l’histoire immédiate du désastre nucléaire. Pour nourrir quelques esprits qui refusent de se résigner.

Ni héros, ni martyr, Arkadi Filine est l’un des 800 000 liquidateurs de Tchernobyl. Svetlana Alexievitch lui donne la parole dans son livre La Supplication. Pour ce livre, trois personnes de la génération Tchernobyl ont choisi d’emprunter son nom. Elles se reconnaissent dans son sens de la dérision, au bord du gouffre, son attitude désespérée mais pas résignée.

(courtcircuit-diffusion.com)

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[Marseille] Carte des nouvelles caméras

Carte des caméras publiée par la Provence

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1334691140.jpgAttention, seules les nouvelles y sont représentées (celles de la rue Saint-Féréol par exemple sont absentes), ne sont pas indiquées aussi toutes les caméras « privées » (banques, commerces, bâtiments officiels…), les caméras de circulation…

Marseille Infos Autonomes, 15 avril 2012

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[Fous ta cagoule !] Vous êtes reconnu parmi 36 millions de visages en seulement une seconde !

La science-fiction l’avait prédit, les Japonais l’ont réalisé : un logiciel capable de vous retrouver en une seconde parmi des millions de personnes. Une technologie déjà mise au point qui pourrait très fortement intéresser notre gouvernement.

Cette technologie, développée par la firme japonaise Hitaki Hokusai Eletric, en inquiètera certains, mais en rassurera d’autres, ravis de pouvoir compter sur un nouveau type de surveillance pour arrêter les fugitifs et bandits ! Voici un système de reconnaissance faciale capable d’identifier un seul visage parmi 36 millions et cela en seulement une seconde grâce à des caméras biométriques. Cette rapidité est permise par le fait que cette nouvelle technologie filme et enregistre simultanément puis répertorie chaque visage en fonction de leurs spécificités biométriques.

Par conséquent, trouver une personne sur plusieurs heures d’enregistrement ne pose aucun problème, cela s’apparenterait à une recherche sur une base de données. Une simple carte d’identité ou même une photo Facebook suffiraient. Toutefois, ce logiciel possèdent quelques limitent : les visages ne devront pas dépasser un angle de 30° verticalement et horizontalement. Autre détail d’importance, ils devront faire au minimum 40 x 40 pixels. Quoi qu’il en soit, on ne peut s’empêcher de penser à l’utilisation qui pourrait en être faite par la police et le gouvernement qui pourront bientôt se doter de cette technologie. Et impossible de ne pas repenser à des films comme 1984 ou Minority Report.

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[Media partout, info nulle part] Et si les médias s’adaptaient vraiment à votre situation ?

Highlight, Ban.jo, Sonar.me, Intro et consorts ont donc été les applications vedettes de l’édition 2012 de SXSW, tout le monde ayant le regard et l’iPhone branché sur ces start-ups qui seront peut-être les Twitter et Foursquare de demain.

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Ces services de « découverte sociale » inaugurent la vie après le check-in : au lieu de se localiser activement quelque part et repérer qui est à proximité – comme sur Foursquare – (et donnant ainsi tacitement l’accord d’être ainsi exposé au vu et su de tous), ces services localisent les utilisateurs automatiquement, en continu, et leur envoient des alertes pour signaler la présence de personnes aux intérêts similaires à proximité.

Mais, selon les futuristes conviés à la conférence la plus intéressante de l’année, ce n’est qu’un début. L’anthropologue Amber Case – qui parle de « localisation ambiante » – et le chercheur et inventeur Ray Kurzweil – qui estime qu’on n’aura plus besoin de voix ou texte pour surfer sur le Web – parient sur une abolition des interfaces.
Demain, ce sont des petites puces à l’intérieur de notre corps qui remplaceront le smartphone, déjà devenu « un sac de Mary Poppins » (Amber Case) ou un cerveau externe pour chacun d’entre nous. Une lentille intelligente aura remplacé l’écran et affichera constamment des informations pertinentes par rapport à mes besoins ou à la situationdans laquelle je suis.

Qu’est-ce que cette évolution pourrait engendrer comme offre média ? Quelques scénarios imaginés pour le court et le plus long terme :

– L’application mobile de mon quotidien préféré adapte et calibre automatiquement le contenu local, voire les petites annonces, en fonction du lieu dans lequel je me trouve. Ainsi, si l’été je suis à Nice, « les pages locales » sont tirées de Nice Matin, et pendant mes vacances de ski, elles sont fournies par le Dauphiné Libéré – ou vice-versa.
Il est déjà possible de géobloquer des contenus sur Internet en fonction d’une adresse IP. Pourquoi ne « géopousserait-on » pas de l’information ?

– La même logique pourrait façonner des pages « santé » ou « finance » en fonction du dossier médical personnel ou de l’état des comptes que j’aurai enregistré en ligne. Inutile de me parler de l’ISF à longueur de pages si je ne possède qu’un livret A vide.

– Côté guide culturel, imaginons que le Figaroscope puisse – en fonction du lieu où je me trouve, des rendez-vous inscrits dans mon calendrier et des conversations de mes amis sur les réseaux sociaux, voire de la file d’attente à la billetterie – me recommander à un instant donné d’aller voir tel film ou telle exposition.

– Enfin, si l’informatique devenait ainsi parfaitement ambiante, est-ce que des capteurs pourraient sonder des conversations pendant un dîner et me pousser, sur une lentille, dans l’oeil, les articles ou informations utiles pour y participer intelligemment, sachant que j’ai raté tel reportage édifiant sur la célébrité en question ou ces quelques éléments clés pour comprendre un débat enflammé sur la crise de la dette….
De la science-fiction…. ou pas.

(blog.lefigaro.fr/medias)

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[Inception] Des chercheurs fabriquent de faux souvenirs chez des souris

Afin de mieux comprendre le fonctionnement de la mémoire et de sa capacité de stockage des informations, deux équipes de chercheurs ont généré de faux souvenirs chez des souris.

L’équipe du prix Nobel Susumu Tonegawa, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a utilisé l’optogénétique, pour « visualiser » l’enregistrement des souvenirs chez la souris et les manipuler. Le principe consiste en fait à manipuler génétiquement des neurones de façon à ce qu’ils produisent des protéines réactives à la lumière. Il ne reste plus qu’à les activer en les exposants à une source lumineuse.

Grâce à cette technique, l’équipe de Tonegawa a procédé à une expérience sur la mémoire. Ils ont placé des souris dans des cages et leur ont administré de petits chocs électriques. La réaction des rongeurs a été classique : ils se sont figés. Les scientifique ont, par la même occasion, repéré les neurones activés pendant ce choc et les ont rendus réactifs à la lumière. Ils ont ensuite placées ces mêmes souris dans d’autres cages complètement différentes. Le simple fait d’activer les neurones rendus réactifs à la lumière ont entraîné la même réaction chez la souris : elle s’est figée. Avec cette expérience, les chercheurs montrent que le fait de stimuler certaines cellules de l’hippocampe suffit à faire revivre le souvenir. « C’est la preuve que nos souvenirs ont un support physique », explique Tonegawa dans la revue Nature datée du 22 mars.

Mais ce n’est pas la seule expérience qui a été menée, comme l’explique Sciences et avenir. De son côté, l’équipe de Mark Mayford (du Scripps Research Institute) a génétiquement modifié des souris pour qu’un médicament (la clozapine) puisse raviver artificiellement un souvenir. Cette fois-ci, les souris étaient placées dans une nouvelle cage, aux parois opaques et blanches. Le jour suivant, les rongeurs recevaient une injection de clozapine avant d’être mis dans une autre cage, avec une couleur et une odeur différente.

Mieux comprendre la mémoire

Là, ils recevaient des chocs électriques dans les pattes. En principe, se retrouver dans ce même environnement le jour suivant doit provoquer chez les souris une réaction de peur. Pourtant, ce ne fut pas le cas chez les souris ayant reçu le médicament. Les chercheurs en concluent que faire revivre le souvenir de la première cage au moment où les souris en découvrent une nouvelle perturbe le second apprentissage.

Bien que ces travaux n’en soient donc qu’à l’état d’observation, ils pourraient permettre de mieux comprendre la façon dont nos souvenirs sont gravés et surtout ce qui se passe quand ces enregistrements ne fonctionnent plus correctement.

(maxisciences.com)

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[Nantes] Vinci ne fait pas que des aéroports

On le retrouve partout ou presque, démonstration à Nantes :

Vinci Park : www.vinci-park.com gère 2 parkings : Aristide Briand Place Aristide Briand Confluent rue Eric Tabarly

Vinci Immobilier : www.vinci-immobilier.com Bureau de vente : 6 av J-C Bonduelle 08 11 55 55 50 programme Carré Feydeau (résidence de 76 appartements de standing) Cours du Commandant d’Estienne d’Orves – Bureau de vente 15 ter – 17 rue de Strasbourg mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi : 9h30-12h30 et 14h-18h30 Programme Sud Harmony ( résidence en construction ) À l’angle de la rue de la Gilarderie et de l’allée de la Civelière

Vinci Energies : www.vinci-energies.com Cegelec : électricité : 5 r Véga 44470 CARQUEFOU 02 28 09 22 22 Actemium : intégrateur de service d’électricité 8 rue Coutelier, 44 805 Saint Herblain Axians : communication voix, données, image 31 r Bobby Sands imm Berlioz II 44800 SAINT HERBLAIN .02 28 03 53 03 Graniou : télécommunication centre de travaux de Nantes 10 imp Belgique 44300 NANTES 02 40 31 84 40 Opteor : maintenance industrielle 8 r Aéronautique ZI Chaffault 44340 BOUGUENAIS 02 40 16 31 40

Eurovia http://www.eurovia.fr/ leader mondial des travaux routiers ( près du quart du chiffre d’affaires de Vinci) ils ont par ex des chantiers du côté du Leclerc Atlantis, du rond point du Cardo

Eurovia Pays de la Loire 0251 85 27 01 20, Rue du Bel Air 44472 CARQUEFOU Eurovia Atlantique Nantes 02 40 30 13 75 3 Rue de la Métallurgie ZI de Carquefou 44472 CARQUEFOU Carrières Chassé 02 40 29 61 84 Chemin des Masses 44850 ST-MARS-DU-DESERT

Vinci construction http://www.vinci-construction.com

VINCI Construction France (Direction déléguée Ouest) rue des meuniers Zone d’Activité des hauts de Couëron -44220 Couëron Tel. : 02 51 11 28 00 Fax : 02 51 11 28 47 Vinci Construction France est aussi donateur de la Fondation de Projets de l’Université de Nantes, qui a pour objectif d’assurer le financement et la promotion de chaires l’enseignement et de recherche ( la première chaire de la Fondation, « Finance, Banque Populaire – Caisse d’Epargne », a été signée le 22 février 2011

ADIM Ouest rue des meuniers Zone d’Activités des Hauts de Couëron – 44220 Couëron 02 51 11 28 08

Armor Quai du Président Wilson 44204 Nantes 02 40 89 74 33

EMCC (Agence Manche Atlantique) Quai du Président Wilson 44202 Nantes 02 40 35 62 70 Fax : 02 40 35 65 33

EGC Canalisation (Centre de Nantes) 2 rue Soweto 44801 Saint-Herblain 02 51 89 17 30

EGC Canalisation (Direction Hydraulique Ouest) 9 rue du Tonnelier 44802 Saint-Herblain

GTM Ouest (Agence Cofex Travaux spéciaux) 9 rue du Tonnelier 44815 Saint-Herblain 02 40 85 89 00 02 40 85 89 40

Mentor Bretagne Loire 9 rue du Tonnelier 44815 Saint-Herblain 02 40 92 35 36

Sogea Atlantique (Traitement de l’Eau) 9 rue du Tonnelier 44803 Saint-Herblain

Freyssinet France (Bouguenais) Rue de la Vaserie 44342 Bouguenais 02 40 26 92 92

GTM Ouest (Agence Génie Civil & Industrie) 1 avenue de la gare Saint Joseph 44327 Nantes

Sogea Construction (Atelier-Dépôt) 1 avenue de la Gare Saint-Joseph 44327 Nantes 02.51.89.60.25

SOLUMAT (Atlantique Bretagne)1 avenue de la gare Saint-Joseph 44327 Nantes

SOLUMAT (Plateforme de Nantes)1 avenue de la gare Saint-Joseph 44327 Nantes

Manei – Sogea Atlantique 11 rue Jan Palach 44815 Saint-Herblain 02 28 07 12 00

Sisteo Atlantique 11 rue Jan Palach 44815 Saint-Herblain, ainsi que SOGEA Atlantique BTP (agence Pays de Loire) et Sogea Atlantique BTP (Siège)

Sateg Construction 5 rue du Coutelier 44805 Saint-Herblain 02 40 92 74 00

Soletanche Bachy (Bretagne – Pays de la Loire) 1 rue du Charron 44806 Saint-Herblain 02 40 92 26 36

Vinci Autoroutes www.vinci-autoroutes.com

Cofiroute, Centre d’Exploitation L’Aubinière BP 90065 44152 ANCENIS CEDEX Mode d’accès : A11 sortie n° 20, km 315, centre d’exploitation Horaires d’ouverture au public (sauf fermeture exceptionnelle) : du lundi au vendredi, de 8h à 20h. Sans oublier Radio Vinci Autoroutes Ouest 107,7

Vinci Facilities http://www.vinci-facilities.com/

Faceo : gestion, management 1 rue Citrine 44300 Nantes 02 40 35 85 31

Vinci fondation , qui finance et parraine quantité de projets pour se donner bonne conscience… http://www.fondation-vinci.com/

Les Badauds Associés – Des caravanes extraordinaires, 2011 Nantes

Insertion par le travail (Pôle parrainage : Construction)

Habitat et Humanisme Loire Atlantique – Maison-relais « Nouvel horizon », 2010

Pays de la Loire – Nantes Accès au logement (Pôle parrainage : Construction)

Les deux rives – Soutien scolaire, 2009 Nantes Jeunesse et citoyenneté (Pôle parrainage : Eurovia) Unis-Cité Pays de

La Loire – Antenne Loire Atlantique – A la découverte de la vie professionnelle, 2009 Pays de la Loire – Nantes

Jeunesse et citoyenneté (Pôle parrainage : Eurovia) Envie 44 – Recyclage et insertion, 2008, 2006 Pays de la Loire –

Saint-Herblain Insertion par le travail (Pôle parrainage : Energies)

Déclic Mobilité – Un déclic vers la mobilité, 2007 Pays de la Loire – Bouguenais

Transport vers l’emploi (Pôle parrainage : Construction)

Le Gué – Maison d’accueil pour jeunes en difficulté, 2007

Pays de la Loire – Nantes Accès au logement (Pôle parrainage : Construction)

Inserim – Intérim pour l’insertion, 2006 Pays de la Loire – Nantes

Insertion par le travail (Pôle parrainage : Eurovia)

Unis-Cité Pays-de-La-Loire – Etre utile, 2006 Pays de la Loire – Nantes

Jeunesse et citoyenneté (Pôle parrainage : Eurovia)

Anef – Ferrer – Rénovation du lieu de vie, 2005 Pays de la Loire – Nantes

Accès au logement (Pôle parrainage : Construction)

Geiq Btp 44 – Investissement en véhicules et informatique, 2005

Pays de la Loire – Nantes Formation et qualification (Pôle parrainage : Construction)

Les Résidences Soleil – Habitat et citoyenneté, 2005

Pays de la Loire – Saint-Herblain Accès au logement (Pôle parrainage : Construction) *

Presta Entreprise – Réhabiliter pour insérer, 2004

Pays de la Loire – Saint-Herblain Insertion par le travail (Pôle parrainage : Construction)

(paris.indymedia.org)

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[Du brouillard dans le GPS ] Sur la trace des brouilleurs de GPS

Dans son petit atelier encombré d’appareils de toutes sortes, Todd Humphreys, directeur du Laboratoire de radionavigation de l’université du Texas, à Austin, montre à ses étudiants la vidéo d’une expérience récente. On y voit un smartphone tenu à bout de bras dont l’écran montre une carte Google : « L’appareil se localise avec sa puce GPS et indique sa position grâce à un point bleu sur la carte. » Soudain, le point bleu se met à bouger, comme si le smartphone venait d’être embarqué dans une voiture, alors qu’il est toujours au même endroit. La puce GPS transmet une position erronée, mais crédible, car la progression sur la carte se fait à une allure normale, le long d’une rue.

Pour expliquer cette énigme, Todd Humphreys montre du doigt un boîtier d’aspect banal, posé dans un coin de l’atelier : « C’est un spoofer (« usurpateur »), un simulateur GPS. Il capte les signaux authentiques des satellites GPS, puis les réémet sur la même longueur d’onde après avoir légèrement modifié les coordonnées. Les systèmes GPS du voisinage vont capter en priorité le faux signal du spoofer, car il est plus puissant que celui d’un satellite situé à 20 000 kilomètres de la Terre. Si j’en installais un sur le toit de cet immeuble avec une bonne antenne, je pourrais fausser tous les GPS du quartier, et même ceux des avions passant au-dessus de la ville. »

Selon Todd Humphreys, un spoofer utilisé à des fins malveillantes par des hackers, des gangsters ou des terroristes pourrait provoquer des catastrophes en chaîne, car les systèmes GPS jouent désormais un rôle essentiel dans de nombreux secteurs d’activités : les transports terrestres, aériens et maritimes, la gestion de conteneurs, le guidage des machines agricoles, les communications électroniques et même les banques, qui se servent des signaux satellites comme d’une horloge universelle pour dater des transactions financières au centième de seconde.

A ce jour, on n’a recensé aucun incident majeur dû à l’utilisation d’un spoofer, mais Todd Humphreys affirme que des hackers isolés s’amusent à construire des appareils artisanaux. Des modèles expérimentaux à vocation scientifique sont en vente sur Internet.

Par ailleurs, les appareils plus basiques, visant seulement à brouiller les signaux GPS, sont en train de se banaliser. Il s’agit d’engins assez simples, qui diffusent un signal parasite sur les longueurs d’onde utilisées par les satellites. Résultat : les systèmes GPS alentour, désorientés, cessent de fonctionner.

Dans la plupart des pays, leur usage est interdit, mais ils sont en vente libre sur divers sites Internet européens et asiatiques. Le petit brouilleur de poche se rechargeant sur l’allume-cigare d’une voiture ne coûte que 30 euros. Les modèles plus puissants coûtent environ 200 euros. Certains sites chinois vendent même des super-brouilleurs à usage militaire, montés sur trépied, capables de perturber les GPS à plus d’un kilomètre à la ronde. Dans un autre genre, des groupes de hackers militant pour la protection de la vie privée des citoyens publient sur Internet des modes d’emploi permettant aux bricoleurs de fabriquer leur propre brouilleur.

A Austin, Todd Humphreys s’est procuré une vingtaine de ces engins, pour les tester dans son laboratoire : « A l’intérieur, ils sont quasi identiques, ce qui laisse supposer qu’ils viennent tous des mêmes usines, probablement chinoises. » Il a aussi découvert que les petits modèles bon marché étaient souvent bien plus puissants que prévu et perturbaient des systèmes GPS à plusieurs dizaines de mètres.

Sur leurs sites, les vendeurs expliquent que les brouilleurs servent à neutraliser une balise GPS placée dans un véhicule à l’insu du conducteur ou contre son gré. Ainsi, aux Etats-Unis, ils sont utilisés depuis des années par des camionneurs souhaitant échapper à la surveillance de leur entreprise, par exemple pour travailler au noir pendant leur jour de repos. En 2009, à l’aéroport de Newark, près de New York, un système expérimental de guidage d’avion par GPS tombait mystérieusement en panne quatre fois par semaine, à heure fixe. Il a fallu aux experts des semaines pour comprendre que le coupable était un camion de livraison équipé d’un brouilleur qui passait à proximité de l’aéroport.

Le problème risque de bientôt changer d’échelle, car les balises de surveillance, longtemps réservées aux transporteurs, aux policiers et aux espions, sont désormais en vente libre pour le grand public. La société Garmin, connue dans le monde entier pour ses GPS de voiture et de loisir, propose pour 199 euros une balise grosse comme le pouce, très facile à cacher dans une voiture, une moto, une valise – l’outil idéal pour les maris jaloux, les chefs de service soupçonneux, les parents trop curieux, les concurrents malhonnêtes, les services de sécurité trop zélés… Si l’utilisation sauvage de ces balises se généralise, on doit s’attendre aussi à une explosion des ventes de brouilleurs.

Par ailleurs, des bandes organisées de voleurs de camions commencent à utiliser les brouilleurs GPS. La société Freightwatch, spécialisée dans la surveillance électronique des marchandises, et basée à Austin, étudie de près ce phénomène. Selon son directeur, Bill Games, les affaires de ce type sont très rares en Amérique du Nord et en Europe, mais elles sont courantes au Mexique et surtout au Brésil : « D’abord, les voleurs suivent le camion de près, dans une voiture équipée d’un brouilleur, dit-il. Le système GPS perd donc la trace du camion avant même qu’il n’ait été volé. Puis les malfaiteurs obligent le chauffeur à s’arrêter et repartent avec le camion, toujours escorté par la voiture transportant le brouilleur. »

Déjà, la contre-attaque s’organise. En Grande-Bretagne, un consortium de laboratoires publics et privés a mis au point un appareil capable de détecter la présence de brouilleurs GPS. Lors de tests effectués le long des routes anglaises, les chercheurs ont eu la surprise de découvrir qu’ils sont déjà assez répandus – plusieurs détections par semaine sur un seul carrefour, pris au hasard.

A Austin, Todd Humphreys termine la mise au point d’un appareil encore plus perfectionné, qui localisera précisément les brouilleurs GPS et permettra à la police de les saisir. Mais, par ailleurs, il remarque que les nouveaux émetteurs radio de type USRP (universal software radio peripheral), très prisés par les chercheurs et les radioamateurs car ils couvrent toutes les gammes d’ondes, peuvent diffuser un signal sur les fréquences GPS, ce qui provoque un brouillage très efficace. La guerre des brouilleurs ne fait que commencer.

(lemonde.fr)

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[Big Brother n’est pas sourd] Après la vidéo-surveillance, la sono-surveillance

Les capteurs sonores permettent un nouveau mode de surveillance automatique, particulièrement utile sur les routes. En Autriche, cette technologie sonore a amélioré l’efficacité des secours dans un tunnel autoroutier.

Le Plabutschtunnel de Graz (Autriche) est truffé de micros

Mieux surveiller pour mieux sécuriser, cette maxime est bien connue des adeptes de la vidéo-surveillance. Elle s’applique désormais pour le son : enregistrer et décoder les bruits urbains permettent d’identifier plus efficacement les anomalies, et de réagir plus vite. Pour bien comprendre l’e fonctionnement de ce nouvel usage du son, le système AKUT est un bon exemple. AKUT pour Surveillance Acoustique de Tunnel.

Cette technologie innovante a été développée en 2006 pour le Plabutschtunnel de Graz, en Autriche, un tunnel autoroutier de 10 kilomètres (l’un des plus longs d’Europe), caractérisé par ses lignes courbes et ses nombreux accidents.

  • Première étape : il faut modéliser l’acoustique du tunnel, ses réverbérations (jusqu’à 25 secondes pour les basses fréquences, en l’occurrence), ses déplacements, ses distorsions.
  • Deuxième étape : en fonction de ces spécificités acoustiques, il faut choisir les microphones qui s’y adapteront le mieux. En effet, chaque micro a des performances spécifiques selon les fréquences étudiées et le type de sons que l’on veut capter. Dans certains cas, on peut même créer des capteurs sonores ad hoc.
Schéma d’un système pour la surveillance acoustique d’un tunnel (Ogai Journal, 2007)

  • Troisième étape : on crée une bibliothèque sonore très précise, pour modéliser tous les types de sons rencontrés (le trafic normal, le vent qui s’engouffre, les problèmes de moteurs, les pneus crevés, les différents types de collisions, des cris, etc…). Chaque son est analysé et classifié selon une multitude de paramètres : jusqu’à 302 sont possibles (intensité, fréquence, latence, etc..) !
  • Quatrième étape (et c’est la plus complexe) : à l’aide d’algorithmes complexes, on va créer un système automatiques, capable d’analyser en temps réel tout ce qu’il se passe dans ce tunnel. L’intérêt de cette opération est de neutraliser les sons « normaux » pour identifier les sons « anormaux » qui vont alerter les surveillants (bien humains, cette fois).

Grâce à ce système, on peut être averti en temps réel de tout incident pouvant nécessiter l’intervention des secours : accidents, voitures en panne, chaussée endommagée… AKUT prévient de quel type de problème il s’agit et de sa localisation précise. On peut alors optimiser l’usage des caméras de surveillance (pour regarder au bon endroit) et réduire très sensiblement le temps de réaction pour une intervention.

Gérer le trafic et réduire la pollution, grâce aux sons

Analyser un environnement sonore déterminé – en classifier tous les évènements sonores – les interpréter automatiquement en temps réel. Cette surveillance sonore très élaborée est rendue possible par les puissances de calcul informatiques d’aujourd’hui, un usage du son qui était donc encore impensable il y a quelques années. Et ses applications vont se généraliser dans la ville de demain.

Dans un article intitulé « solutions acoustiques intelligentes dans les transports », la chercheuse autrichienne Maria Fellner (de l’institut Joanneum) en liste deux autres : l’une permet de prévoir la pollution générée par un axe routier, grâce à l’analyse du son des différentes motorisations qui y circulent, l’autre arrive à identifier la catégorie de chaque véhicule pour déterminer le prix dont il devra s’acquitter au prochain péage.

Dis-moi quel bruit tu fais, je te dirai combien tu payes

Le projet S4eB (pour « sounds for energy efficient buildings ») utilise la même technologie pour gérer l’énergie consommée par un bâtiment en fonction de l’activité qui y règne. Une pièce est-elle vide ou occupée ? L’analyse du son peut le dire avec une grande précision. Un système automatique peut alors moduler, en temps réel, l’éclairage, le chauffage ou la climatisation. Une vidéo-surveillance pourrait le faire aussi bien ? Sans doute, mais avec la nécessité d’une intervention humaine pour interpréter l’image, ce que le son permet d’éviter.

L’allemand René Rodigast développe d’ailleurs le projet Ear-it, dont l’idée est de truffer des immeubles de tous petits capteurs sonores, de la taille d’un bouton, pour renseigner un serveur central, capable de gérer la consommation énergétique, mais aussi l’utilisation du parking ou de fluidifier le déplacement des personnes.

Au 21ème siècle, le son permet donc de renforcer la sécurité routière, mais aussi la sobriété énergétique des bâtiments. Une application inattendue, et qui n’en est qu’à ses balbutiements.

(podcast.blog.lemonde.fr)

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[Et nous n’avons encore rien vu…] Bactéries du futur [1/4]

Dans leurs éprouvettes, des chercheurs préparent la biologie et la génétique de demain. Des « biologistes-ingénieurs » qui redéfinissent le vivant, et tentent de détourner des bactéries de leur fonction. Pour eux, la science est sur le point de pouvoir mettre un terme au bricolage inopérant de l’évolution darwinienne. Enquête.

A l’heure actuelle la demande en énergie croît plus vite que l’offre. Selon l’Agence internationale de l’énergie, à l’horizon 2030 les besoins de la planète seront difficiles à satisfaire, tous types d’énergies confondus. Il faudra beaucoup de créativité pour satisfaire la demande.

Vincent Schachter, directeur de la recherche et du développement pour les énergies nouvelles à Total commence son exposé sur la biologie de synthèse. “C’est important de préciser dans quel cadre nous travaillons”. Ses chercheurs redessinent le vivant. Ils s’échinent à mettre au point des organismes microscopiques, des bactéries, capables de produire de l’énergie.youtu

En combinant ingénierie, chimie, informatique et biologie moléculaire, les scientifiques recréent la vie.

Ambition démiurgique

Aucune avancée scientifique n’a incarné tant de promesses : détourner des bactéries en usines biologiques capables de produire des thérapeutiques contre le cancer, des biocarburants ou des molécules capables de dégrader des substances toxiques.

Dans la salle Lamartine de l’Assemblée nationale ce 15 février, le parterre de spécialistes invités par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifique et techniques (OPECST) est silencieux. L’audition publique intitulée Les enjeux de la biologie de synthèse s’attaque à cette discipline jeune, enjeu déjà stratégique. Geneviève Fioraso, députée de l’Isère, qui l’a organisée, confesse : “J’ai des collègues parlementaires à l’Office qui sont biologistes. Ils me disent qu’ils sont parfois dépassés par ce qui est présenté. Ce sont des questions très complexes d’un point de vue scientifique”.

L’Office, dont la mission est “d’informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin, notamment, d’éclairer ses décisions” est composé de parlementaires, députés et sénateurs. Dix-huit élus de chaque assemblée qui représentent proportionnellement l’équilibre politique du Parlement. Assistés d’un conseil scientifique ad hoc ils sont saisis des sujets scientifiques contemporains : la sûreté nucléaire en France, les effets sur la santé des perturbateurs endocriniens, les leçons à tirer de l’éruption du volcan Eyjafjöll…

Marc Delcourt, le PDG de la start-up Global Bioenergies, basée à Evry, prend la parole :

La biologie de synthèse, c’est créer des objets biologiques. Nous nous attachons à transformer le métabolisme de bactéries pour leur faire produire à partir de sucres une molécule jusqu’à maintenant uniquement issue du pétrole, et dont les applications industrielles sont énormes.

Rencontré quelques jours plus tard, Philippe Marlière, le cofondateur de l’entreprise, “s’excuse”. Il donne, lui, une définition “assez philosophique” de la biologie de synthèse : ” Pour moi c’est la discipline qui vise à faire des espèces biologiques, ou tout objet biologique, que la nature n’aurait pas pu faire. Ce n’est pas ‘qu’elle n’a pas fait’, c’est ‘qu’elle n’aurait pas pu faire. Il faut que ce soit notre gamberge qui change ce qui se passe dans le vivant”.

Ce bio-chimiste, formé à l’École Normale Supérieure, assume sans fard une ambition de démiurge, il s’agit de créer la vie de manière synthétique pour supplanter la nature. Il ajoute :

Je ne suis pas naturaliste, je ne fais pas partie des gens qui pensent que la nature est harmonieuse et bonne. Au contraire, la biologie de synthèse pose la nature comme imparfaite et propose de l’améliorer .

Aussi provoquant que cela puisse paraître c’est l’objectif affiché et en partie atteint par la centaine de chercheurs qui s’adonne à la discipline depuis 10 ans en France. Il reprend : “Aussi vaste que soit la diversité des gènes à la surface de la terre, les industriels se sont déjà persuadés que la biodiversité naturelle ne suffira pas à procurer l’ensemble des procédés dont ils auront besoin pour produire de manière plus efficace des médicaments ou des biocarburants. Il va falloir que nous nous retroussions les manches et que nous nous occupions de créer de la bio-diversité radicalement nouvelle, nous-mêmes.”

Biologiste-ingénieur

L’évolution sur terre depuis 3 milliard et demi d’années telle que décrite par Darwin est strictement contingente. La sélection naturelle, écrit le prix Nobel de médecine François Jacob dans Le jeu des possibles “opère à la manière d’un bricoleur qui ne sait pas encore ce qu’il va produire, mais récupère tout ce qui lui tombe sous la main, les objets les plus hétéroclites, bouts de ficelle, morceaux de bois, vieux cartons pouvant éventuellement lui fournir des matériaux […] D’une vieille roue de voiture il fait un ventilateur ; d’une table cassée un parasol. Ce genre d’opération ne diffère guère de ce qu’accomplit l’évolution quand elle produit une aile à partir d’une patte, ou un morceau d’oreille avec un fragment de mâchoire”.

Le hasard de l’évolution naturelle, combiné avec la nécessité de l’adaptation a sculpté un monde “qui n’est qu’un parmi de nombreux possibles. Sa structure actuelle résulte de l’histoire de la terre. Il aurait très bien pu être différent. Il aurait même pu ne pas exister du tout”. Philippe Marlière ajoute, laconique : “A posteriori on a toujours l’impression que les choses n’auraient pas pu être autrement, mais c’est faux, le monde aurait très bien pu exister sans Beethoven”.

Comprendre que l’évolution n’a ni but, ni projet. Et la science est sur le point de pouvoir mettre un terme au bricolage inopérant de l’évolution. Le biologiste, ici, est aussi ingénieur. A partir d’un cahier des charges il définit la structure d’un organisme pour lui faire produire la molécule dont il a besoin. Si la biologie de synthèse en est à ses balbutiements, elle est aussi une révolution culturelle.

Il s’agit désormais de créer de nouvelles espèces dont l’existence même est tournée vers les besoins de l’humanité. “La limite à ne pas toucher pour moi c’est la nature humaine. Je suis un opposant acharné au transhumanisme“, met tout de suite en garde le généticien.

A, T, G, C

Depuis que Francis Crick, James Watson et Rosalind Franklin ont identifié l’existence de l’ADN, l’acide désoxyribonucléique, en 1953, une succession de découvertes ont permis de modifier cet l’alphabet du vivant.

On sait désormais lire, répliquer, mais surtout créer un génome et ses gènes, soit en remplaçant certaines de ses parties, soit en le synthétisant entièrement d’après un modèle informatique. Les gènes, quatre bases azotées, A, T, G et C qui se succèdent le long de chacun des deux brins d’ADN pour former la fameuse double hélice, illustre représentation du vivant. Quatre molécules chimiques qui codent la vie : A, pour adénine, T pour thymine, G pour guanine, et C pour cytosine. Leur agencement détermine l’activité du gène, la ou les protéines pour lesquelles il code, qu’il crée. Les protéines, ensuite, déterminent l’action des cellules au sein des organismes vivants : produire des cheveux blonds, des globules blancs, ou des bio-carburants.

On peut à l’heure actuelle, en quelques clics, acheter sur Internet une base azotée pour 30 cents. Un gène de taille moyenne, chez la bactérie, coûte entre 300 et 500 €, il est livré aux laboratoires dans de petits tubes en plastique translucide. Là il est intégré à un génome qui va générer de nouvelles protéines, en adéquation avec les besoins de l’industrie et de l’environnement.

L’être humain est devenu ingénieur du vivant, il peut transformer de simples êtres unicellulaires, levures ou bactéries en de petites usines qu’il contrôle. C’est le bio-entrepreneur américain Craig Venter qui sort la discipline des laboratoires en annonçant en juin 2010 avoir crée Mycoplasma mycoides, une bactérie totalement artificielle “fabriquée à partir de quatre bouteilles de produits chimiques dans un synthétiseur chimique, d’après des informations stockées dans un ordinateur”.

Si la création a été saluée par ses pairs et les médias, certains s’attachent toutefois à souligner que sa Mycoplasma mycoides n’a pas été crée ex nihilo, puisque le génome modifié a été inséré dans l’enveloppe d’une bactérie naturelle. Mais la manipulation est une grande première.

Tour de Babel génétique

Philippe Marlière a posé devant lui un petit cahier, format A5, où après avoir laissé dériver son regard il prend quelques notes. “Il y a longtemps qu’on essaye de changer le vivant en profondeur. Moi c’est l’aspect chimique du truc qui m’intéresse : où faut-il aller piocher dans la table de Mandeleiev pour faire des organismes vivants ? Jusqu’où sont-ils déformables ? Jusqu’à quel point peut-on les lancer dans des mondes parallèles sur terre ?”. Il jette un coup d’œil à son Schweppes :

Prenez l’exemple de l’eau lourde. C’est une molécule d’eau qui se comporte pratiquement comme de l’eau, et on peut forcer des organismes vivants à y vivre et évoluer. Or il n’y a d’eau lourde nulle part dans l’univers, il n’y a que les humains qui savent la concentrer. On peut créer un microcosme complètement artificiel et être sûr que l’évolution qui a lieu là-dedans n’a pas eu lieu dans l’univers. C’est l’évolution dans des conditions qui n’auraient pas pu se dérouler sur terre, c’est intéressant. La biologie de synthèse est une forme radicale d’alter-mondialisme, elle consiste à dire que d’autres vies sont vraiment possibles, en les changeant de fond en comble.

Ce n’est pas une provocation feinte, ce n’est même pas une provocation. L’homme a à cœur d’être bien compris. Il s’agit de venir à bout de l’évolution darwinienne, pathétiquement coincée à un stade qui n’assure plus les besoins en énergie des 10 milliards d’humains à venir. Il faut pour ça réécrire la vie, son code. Innover dans l’alphabet de quatre lettres, A, C, G et T. Créer une nouvelle biodiversité. Condition sine qua non : ces mondes, le nôtre, le naturel, et le nouveau, l’artificiel, devraient cohabiter sans pouvoir jamais échanger d’informations. Il appelle ça la tour de Babel génétique, où les croisements entre espèces seraient impossibles.

“Les écologistes exagèrent souvent, mais ils mettent en garde contre les risques de dissémination génétique et ils ont raison. Les croisements entre espèces vont très loin. J’ai lu récemment que le chat et le serval sont inter-féconds”. Il estime de la main la hauteur du serval, un félin tacheté, proche du guépard, qui vit en Afrique. Un mètre de haut environ.

Par ailleurs il fallait être superstitieux pour imaginer que le pollen des OGM n’allait pas se disséminer. Le pollen sert à la dissémination génétique ! D’où notre projet, il s’agit de faire apparaître des lignées vivantes pour lesquelles la probabilité de transmettre de l’information génétique est nulle.

Le concept tient en une phrase :

“The farther, the safer : plus la vie artificielle est éloignée de celle que nous connaissons, plus les risques d’échanges génétiques entre espèces diminuent. C’est là qu’il y a le plus de brevets et d’hégémonie technologique à prendre.”

Il s’agit de modifier notre alphabet de 4 lettres, A, C, G et T, pour créer un nouvel ADN, le XNA, clé de la “xénobiologie”:

X pour Xeno, étranger, et biologie. Le sens de cet alphabet ne serait pas lisible par les organismes vivants, c’est ça le monde qu’on veut faire. C’est comme lancer un Spoutnik, c’est difficile. Mais comme disait Kennedy, ‘On ne va pas sur la lune parce que c’est facile, on y va parce que c’est difficile.’

(owni.fr)

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