[Avignon] Comment ça nous touche, Fukushima ?

 

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Enjeu électoraliste oblige, la question de l’industrie nucléaire tient le pavé quasi quotidiennement dans les gazettes et autres media qui font la doxa tapis rouge de celle qu’on appelait il y a peu encore : la pensée unique.

Dans ce maelström d’écrits le tamis idéologique n’a pas tout filtré, laissant échapper quelques perles, comme le démantèlement réussi d’une centrale en Angleterre ; ce qui ne manque pas de jeter l’opprobre sur le génie français, laborieusement empêtré depuis 25 ans dans le démantèlement de Brennilis — première centrale ratée de l’Hexagone.

Heureux les hommes, car par delà les océans un ministre de l’industrie prend son courage pour fouler le sol de Fukushima, et proclamer, “gaulois”, que tout est sous contrôle. Malgré les efforts des photographes à faire poser son éminence au premier plan des images, son visage reste méconnaissable, affublé d’un masque à oxygène high-tech dont ne disposent même pas les ouvriers de Tepco. Émissaire du ridicule ce sinistre nous inspire la honte, en méprisant à ce point les mobilisations sur le sol japonais, et l’arrêt là bas de la quasi totalité de la production nucléaire.

Ne soyons pas dupe, il y a fort à croire qu’en homme responsable déguisé, c’est le servile commercial de la firme Areva qui est venu déjouer les périls — un Mox vaut mieux que deux tu l’auras.

Tandis qu’au Niger, la population manifeste à Arlit, réclamant à Areva des retards de salaire et l’assainissement des terrains autour de la mine d’uranium, les communicants occupent le terrain de la non-prolifération, en secouant le vilain spectre d’un Iran barbare.

Sans doute la barbarie ne saurait être tolérée ailleurs qu’en territoire démocrate.

L’industrie nucléaire, où qu’elle se trouve, impose un contrôle sociétal bien aiguisé. Cette extension morbide des mécanismes capitalistes nous la vivons en France, et sans concession. Les candidats aux Présidentielles — écolo compris —, on tous reconduit la filière ; bien conscients de l’impossibilité à briguer le poste s’ils la remettaient en question.

Pantomime discrète des forces en présence.

Il n’empêche, à Bure, en Cotentin, à Fessenheim, dans le sud-est… de nouvelles mobilisations exhalent la vie, démontrant s’il le fallait que nous n’avons plus peur de la sottise, du cynisme, de la violence d’État. Car en vérité, nous sommes déjà morts tous les jours au prix de 58 réacteurs.

Tu n’as encore rien vu sur ton territoire…

L’aveuglement à la française n’a d’égal que la croyance de son peuple dans la reconduction d’un président.

Démantelons dès aujourd’hui, les Japonais nous y encouragent ; car plus que tout ils font la preuve du premier démantèlement nécessaire, celui du mensonge et de la propagande, qui ânnonent que c’est impossible.

Rendez-vous le samedi 10 mars à l’Entrepôt (1 Bd Champfleury – Avignon)

[Avignon mon amour]

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